Pour conclure notre séjour à Kanazawa, après les samouraïs, les geishas. "La geisha et le samouraï représentent les deux facettes d’une même pièce : la première pour la beauté japonaise et son raffinement ; le second pour la force virile et sans égal, à travers sa fureur mais aussi ses valeurs. Un physique, un mental, un pays à double visage, à révérer autant qu’à craindre : ces stéréotypes résument à eux seul la doxa japonaise, c’est-à-dire l’ensemble des images interculturelles enracinées qui représentent ce pays. Elles sont facilement identifiables du fait de leur caractère récurrent dans toutes les productions occidentales concernant le Japon, tant et si bien qu’à force d’être répétées, elles ont été déformées, étirées, mais ont toujours conservé leurs fonctions premières : caractériser et évaluer, le tout au sein d’une visée essentialiste. D’autres figures sont réunies sous ces deux avatars. La geisha et le samouraï sont pourvoyeurs d’un Japon ancien et traditionnel, celui d’avant l’ouverture de Meiji en 1868, leurs métiers issus d’un autre temps ont aujourd’hui disparu, pour le samouraï, ou sont en voie de disparition pour la geisha. Pourtant, lorsqu’on interroge n’importe quel occidental à propos du Japon, il évoquera le plus souvent la geisha pour l’image de beauté intemporelle de la femme japonaise et le samouraï pour le code d’honneur présumé des hommes japonais."
J'ai trouvé cet article dans le blog de Cécile Duquesne. Pour nous, occidentaux, la geisha est confondue à tort avec une courtisane. La geisha se définit par sa pratique des arts traditionnels japonais
Elle vend ses talents, plutôt que ses charmes afin de tenir compagnie et distraire de riches
hommes d’affaires lors d’occasions spéciales telles que des banquets ou
soirées prestigieuses. Danse, musique, discussion, les geisha
collectionnent les qualités artistiques et sociales. Elles se distinguent par leur raffinement, leur culture générale et leur beauté. Le métier de geisha est
souvent assimilé à tort à la prostitution, en particulier dans notre
vision occidentale. Dames de compagnie pour clients fortunés, les geisha
ne vendent pas pour autant de faveurs sexuelles. Ambassadrices de l'art
japonais et garantes de la réputation de leur okiya (maison des
geisha), ces artistes doivent uniquement se distinguer par leurs talents
et leur excellence dans la maîtrise des arts ancestraux.
- Il existait durant l'ère Edo des courtisanes de haut rang (les oiran), douées en chant et en danse, qui étaient également des prostituées. Des similitudes dans leur maquillage, leur façon d'animer les soirées et leur manière de se vêtir ont contribué à cet amalgame entre geisha et courtisanes.
- Il y a plusieurs siècles, il arrivait souvent que les geisha travaillent aux côtés des prostituées au sein des mêmes banquets dans les quartiers de plaisir. Leurs rôles étaient cependant bien définis, les geisha ayant pour mission d'animer les soirées et de divertir les clients par leurs talents artistiques avant que les prostituées ne prennent le relais à leur façon. Les geisha avaient d'ailleurs l'obligation d'arborer des tenues et des coiffures plus sobres que celles des prostituées, afin de ne pas leur « faire de l'ombre ».
- Durant la seconde guerre mondiale, certaines prostituées japonaises se sont inspirées des tenues et des manières des geisha pour séduire les soldats américains. Appelées « geisha girls » par les soldats, cette expression a participé à la propagation de cette fausse idée. Quelques geisha ont également cédé à la prostitution au cours de la guerre, ce qui a également pu contribuer à cet amalgame.
- Certains films et livres ont été vecteurs de clichés sur les fonctions des geisha. Le film « Mémoire d'une geisha » sorti dans les années 2000 en est un parfait exemple. Il était autrefois possible d'acheter aux enchères la virginité des maiko (apprenties geisha). Cet acte était cependant souvent lié à une notion de prestige et n'était pas forcément consommé.
- Le nom trompeur donné en français aux « boules de geisha », accessoires sexuels servant à la stimulation et à la musculation, participe à associer les geisha à une quelconque idée de sexualité. Or, ces objets n'ont rien à voir avec les geisha et doivent leur origine au tantrisme et au taoïsme.
Il n'est bien sûr pas totalement exclu que les geisha puissent parfois avoir des relations sexuelles avec leurs clients, mais cet aspect est toujours resté secret et tabou pour des questions de prestige, d'élégance et de réputation. Quoi qu'il en soit, le métier de geisha en lui-même, déclaré et réglementé officiellement en 1779, exclut formellement la prostitution, pratique d'ailleurs interdite dans l'archipel depuis 1956.
Pour se rendre à Higashis-chaya-gai, il faut traverser toute la villede Kanazawa. Nous descendons d'abord Hiakumangoku-dori jusqu'au marché Omicho, puis nous prenons à droite jusqu'à la rivière Asano-gawa, nous traversons le pont et nous arrivons au quartier des geishas.



Il se compose principalement de deux ruelles pavées dont Nibancho-dori, bordées de bâtiments traditionnels préservés et classés au Patrimoine culturel japonais. L’architecture des bâtiments constitue un ensemble homogène composé de maisons à deux étages parfaitement alignées, aux façades boisées et croisillons en rez-de-chaussée. Beaucoup de visiteurs, des touristes surtout; i
, quelques élégantes en kimono mais pas l'ombre d'une geisha à part sur les affiches.
Les maisons de thé à deux étages en bois ont conservé leur apparence d’antan, avec notamment leur treillis de bois appelés kimusuko. Ceux-ci permettent de regarder à l’extérieur sans être observé, préservant ainsi l’intimité de l’habitation.

Les maisons de geishas se trouvaient à l'origine parsemées ici et là dans tout le centre de Kanazawa. Mais en 1820, une réorganisation urbaine de grande ampleur les a fait se rassembler dans trois quartiers spécifiques à l'écart du centre-ville. Le plus grand, et aujourd'hui le plus célèbre d'entre eux était le quartier de Higashi Chaya, littéralement, le quartier des "chaya" de l'est. Les salles réservées à la réception des hôtes sont installées au premier étage. Pendant la période Edo, la construction de bâtiments à deux étages était en effet strictement interdite, à l'exception des maisons de geishas, ce qui rendait leur apparence d'autant plus frappante.
Étant donné le grand nombre de maisons de geishas demeurées intactes
qui s'y trouvent, le quartier de Higashi Chaya, comme le quartier de
Gion à Kyoto et celui de Kazue-machi, également à Kanazawa, est inscrit
au registre des biens culturels du Japon en tant que groupe de bâtiments
traditionnels avec mandat de préservation. Le fait qu'il n'y en ait que
trois dans cette catégorie témoigne grandement de l'intérêt historique
et culturel du quartier des geishas, à juste titre l'un des sites
touristiques les plus importants de la région.
Il est bientôt 17h et après une journée si bien remplie, il est temps de sacrifier à la cérémonie du prosecco , happy hours à l'Intergate Kanasawa, prosecco pour 4 d'entre nous, Serge teste le rouge d'Espagne, des amuse- bouche sucrés et salés feront notre repas à Catherine et à moi pendant que nos acolytes vont aller dîner dans le quartier.
Le matin, nous quittons Kanazawa que nous avons adoré pour Kyoto. Ce matin, le temps est beau, la marche jusqu'à la gare agréable. L"architecture de la gare de Kanazawa est remarquable. Construite en 1898, la gare de Kanazawa a fait l'objet d'une rénovation majeure en 2005 avec un design futuriste comprenant un dôme en verre et en acier, et une porte géante en bois ressemblant à un torii.

Une énorme structure constituée de plus de 3 000 briques de verre
trône au niveau de la sortie Est de la gare de Kanazawa, dans la
préfecture d'Ishikawa, à environ 300 km à l'ouest de Tokyo. Son nom, le
« dôme de l’hospitalité » (Motenashi Dôme), ainsi que
sa forme en parapluie ne sont pas anodins : l’édifice veut protéger les
visiteurs des pluies abondantes de la région. Devant lui se trouve une autre architecture impressionnante, un torri géant en bois appelé « la porte du tambour » (Tsuzumi-mon), car la forme de ses deux piliers en spirale évoque le tambour à main traditionnel japonais utilisé dans théâtre no, un art justement très pratiqué dans la région de Kanazawa.






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