dimanche 13 août 2023

VIETNAM, HUÈ, LE TOMBEAU DE MINH MANG, L' ATELIER DES BATONS D'ENCENS

 Après notre promenade vélocipédique et champêtre, et l'excellent repas qui a suivi, nous retournons vers la ville de Hué. Nous allons visiter les plus beaux  tombeaux impériaux de la dynastie des Nguyen qui font partie intégrante de l’ensemble des monuments de la Cité impériale de Hue reconnue par l’Unesco en 1993. L’histoire féodale vietnamienne s’est clôturée avec la fin de dynastie des Nguyen qui était régie par treize empereurs durant 143 ans, à partir du trône de Gia Long (1802) jusqu’à celui de Bao Dai (1945). 7 d'entre eux ont fait construire leur sépulture de leur vivant.  De la fin du style traditionnel caractérisant le mausolée de Tu Duc au style contemporain apporté par Khai Dinh en passant par la transition dans les vestiges de Dong Khanh, tous s’harmonisent complètement avec son entourage naturel. Nous limiterons notre visite à quelques tombeaux que notre guide et l'agence Carnets d'Asie jugent les plus remarquables.

Après avoir franchit le portail d'enceinte des tombeaux impériaux, nous longeons un petit lac et ses allées ombragées par des arbres qui pleurent, les parasols chinois. Autrefois, cet arbre était uniquement été planté dans l’enceinte de la cité impériale et des nécropoles des Nguyên. L’empereur Minh Mang l'a fait sculpter sur des chaudrons qui sont dans la cité impériale. C'est justement de son mausolée que l'on fait, d'abord la visite. Le tombeau de Minh Mang  a été construit sous le règne de deux rois – Ming Mang et son successeur, le roi Thieu Tri de 1840 à 1843 par plus de dix mille ouvriers et soldats sur la montagne Cam Khe, près de la jonction T de Bang Lang, à 12 km de la citadelle de Hue. Ce règne marque l’apogée du pouvoir de la dynastie des Nguyen dans tout le pays. L’entrée principale comprend trois portes rouges au milieu de la tombe appelée Dai Hong Mon. Elle n’a été ouverte qu’une seule fois pour admettre le cercueil de l’empereur à l’intérieur du tombeau, après quoi elle est fermée pour toujours. De nos jours, il faut entrer par l’une des deux portes latérales, qui étaient destinées aux mandarins et aux autres membres de la famille royale.

 

NguEn entrant dans le Dai Hong Mon, nous traversons la cour d’honneur, où se tiennent deux rangées de mandarins, d’éléphants et de chevaux comme dans les autres tombes royales de Hue. On monte ensuite un escalier qui nous amène au pavillon des stèles (appelé Bi Dinh). Ce pavillon abrite la stèle Thanh Duc Than Cong, une énorme tablette de pierre (pesant 14 tonnes) sur laquelle est inscrite la biographie et les mérites de l’empereur Minh Mang. L’empereur Thieu Tri l’a érigée pour honorer son père.



Après le pavillon des stèles,  la porte Hien Duc qui mène au temple Sung An, où la famille royale a installé un autel royal pour vénérer la mémoire de l’empereur et de son impératrice. Les cours de Sung An sont flanquées de temples à gauche et à droite à l’avant et de salles à gauche et à droite à l’arrière.

 



Un pont de pierre traverse le lac en forme de croissant nommé Tan Nguyet. Il permet de franchir un chemin menant à un énorme escalier doté de merveilleuses rampes sinueuses en forme de dragon. L’escalier mène à un mur circulaire entourant le sépulcre. Cependant, une porte verrouillée en bronze empêche d’atteindre le lieu de sépulture de l’empereur. Il ressemble à une colline artificielle plantée de pins et de buissons.






 

En passant par le pont Thopng Minh Chinh Truc sur le lac Tan Nguyet, on  monte 33 marches de pierre Thanh pour atteindre le tombeau de l’empereur, qui se trouve au centre de la montagne Khai Trach, entouré par le mur circulaire Buu Thanh. Ce cercle se trouve dans un autre cercle symbolique du lac Tan Nguyet. Le mur d’enceinte de La Thanh signifie que l’empereur Minh Mang souhaitait être le détenteur de la terre et de l’univers. En quittant le mausolée de Minh Mang et avant de se rendre au tombeau de Tu Duc, nous visitons une fabrique de bâtons d'encens. Le village de Thuy Xuân  au pied de la colline de Vong Canh, à 7 km de la ville de Huê (Centre),  est connu  ses  temples mais aussi pour la fabrication de bâtonnets d’encens, un artisanat séculaire.

 Dans le magasin en face, des dames vietnamiennes, 3 générations, ont vêtu l'habit traditionnel, le Áo dài . Il est composée de deux pièces : une robe et un pantalon en soie. Avant d'apparaître sous sa forme actuelle, cette robe vietnamienne a longtemps évolué depuis XVIIIe siècle.

 À cette époque, en 1774, la guerre civile au Vietnam divisait le pays en deux : le Nord était gouverné par la famille Trinh et le Sud, par la famille Nguyen. Les femmes habitant dans le nord du pays portaient durant cette période « Ao giao linh », des tenues inspirées de la robe chinoise. Il s’agissait d’une robe fendue sur les deux côtés, avec le col croisé et des manches longues

  la petite fille boude.

Pour les cérémonies bouddhistes, lors des visites au temple ou pour l’autel des ancêtres, les habitants de Hué n’utilisent que les bâtonnets d’encens  de Thuy Xuân en raison de leur parfum si particulier, que n’ont pas les bâtonnets chinois ou thaïlandais. La confection des bâtonnets d’encens est un travail minutieux, exigeant une grande dextérité qui doit passer par de nombreuses étapes. Pour les meilleurs d’entre eux, le choix des matières premières est important. L’encens est obtenu à partir de substances végétales odoriférants (substance produite par la résine d’un groupe d’arbres de la famille des Burséracées), lesquelles sont réduites en poudre et mélangées avec de la poudre de cannelle, de l’eau, des aromates et de la sciure de bois pour faciliter la combustion, selon une proportion déterminée. La fragrance et la durabilité de l’encens reposent essentiellement sur le mélange de pâte et d’eau, dont la recette est tenue secrète et jalousement gardée par chaque famille. Les supports sont des baguettes en bambou venant des forêts Nam Dông, Binh Diên et Phong Son. Et les artisans, de leurs mains habiles, coupent les tiges en trois ou quatre morceaux, selon la dimension de chaque bâton d’encens, normalement une longueur de 30-40 cm pour 2-3 mm de diamètre. Une fois séchées au soleil, les baguettes de bambou  sont teintées de rouge, de jaune, de violet…Ensuite, elles sont enduites aux trois-quarts d’une couche d’encens (de couleur jaune ou noir) qui peut brûler de 20 à 30 minutes. Enfin, étalés sur des planches,  les bâtonnets d’encens sont durcis au soleil, pendant deux ou trois jours, pour garder leur teinte et leur senteur. Toutes les étapes de fabrication sont manuelles, à l’exception d’une machine assez rudimentaire qui permet de fixer l’encens sur le bâton de bambou. Il y a trois sortes de bâtonnets d’encens. Les grands sont utilisés dans les pagodes, les moyens dans les temples ou maisons communes et les petits dans les familles.



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