mercredi 9 août 2023

BARCELONE, DOMENECH I MONTANER, LE RIVAL DE GAUDI, PALAU DE LA MUSIQUE CATALANE

 Ce matin, les dames ont pris le chemin du Passeig de Gracia, destination shopping. Titouan et moi nous donnons rendez vous au métro Drasannes. Je passe d'abord devant le bâtiment néoclassique des anciennes Douanne et le monument à la gloire de Christophe Colomb Nous remontons la Rambla jusqu'au théâtre Liceu et nous faisons un tour au marché de la Boqueria. Le nom officiel de ce marché couvert est Mercat de Sant Josep de Boqueria. Le mercat "de la Boqueria" est le marché au frais le plus grand et le plus célèbre d'Espagne, très fréquenté par les habitants et les touristes.

Il existe depuis le 13ème siècle comme marché de rue sur les Ramblas. En 1914, la toiture en fonte est terminée et c'est aujourd'hui un des incontournables de Barcelone.

Quand on franchit le portique, il est difficile de se frayer un passge parmi la foule des touristes. Si on veut profiter du marché, le plus simple est de s'éloigner de l'allée centrale où s'agglutinent les groupes et de longer les allées latérales.

Le marché c'est les couleurs et les odeurs de Barcelone. Les légumes d'abord, puis les  aulx, oignons,poivrons.



Les étals de poissons sont somptueux, une grande diversité de crustacés avec en particulier les pousse-pieds que les espagnols adorent, les catalans aussi, des seiches et des calamars, des poissons d'une grande fraicheur. Nous avons rendez vous au Passeig de Gracia sinon j'aurais bien fait un festin de tapas au Central. On se contente d'un de ces délicieux jus de fruits préparés extemporanément.

Près du Passeig de Gracia, nous découvrons une très belle adresse: El Mercader del Eixample. Des vins naturels, un patron francophone,une cuisine Slow Food, El Mercader del’Eixample propose une cuisine catalane traditionnelle, dans l’air du temps.   Il est très bien situé bien situé juste en haut de la Rambla Catalunya, Il possède   une belle terrasse ouverte mais ce matin, il a plu. Nous nous installons à l'intérieur. Des calamars juste grillés, parfaitement cuits, de belles cotes d'agneau. une belle cuisine avec les produits locaux. Belle adresse. superbe adresse pour les glaces ensuite chez Luciano's. C'est un glacier argentin qui vient d'ouvrir 2 boutiques, à Barcelone et à Rome. Le design est stratosphérique et les glaces sont d'une qualité difficilement égalable, le dulce de leche !!! Mauvaise surpris en sortant, la ligne 4 du métro est fermée pendant les travaux et nous devons aller au palau de la Musica à pied. Il est14h15 quand les gens du métro nous informe que la ligne est fermée et il faut marcher très vite pour arriver à 14h 3O au palais de la misique où la visite guidée en français vient de commencer par un film diffusé dans la salle de répétition au rez de chaussée près du restaurant. Le Palau de la Música Catalana (palais de la musique catalane) est l’un des joyaux du modernisme catalan. La bâtisse a été conçue en 1905 par l’architecte Domenech i Montaner à la suite d’une commande passée par la chorale Orféo Catalan fondée en 1891. L’architecte laissa éclore son imagination avec l’utilisation de nouveaux profilés stratifiés, une structure métallique centrale stabilisée par le système de contreforts et de voûtes de périmètre d’inspiration gothique. Par ailleurs, la chorale avec  l’ambition de faire de l’édifice son siège social souhaitait préserver la musique catalane tout en la faisant découvrir au monde.La construction réalisée entre les années 1905 et 1908 a fait de ce lieu un exemple espagnol parfait du modernisme. L’importance du lieu a fait qu’il continue aujourd’hui d’exercer toutes ses fonctions, tant dans le domaine de la musique classique que de la musique moderne. Lors d'un visite précédente où nous avions assisté à un concert, nous avions pu admirer l'extérieur du palais qui ne fait pas partie de la visite guidée.

https://www.lemounard.com/2019/12/barcelone-le-palais-de-la-musique.html


Nous prenons en route la vidéo de 15 minutes qui retrace l'histoire de la construction du palais et la vie de la société barcelonaise dans les années 1900. Des artistes, comme la grande Monserrat Caballé et des danseurs de renom parlent de l'acoustique et du bonheur de danser au milieu des statues. Un des traits frappants du Palais de la musique catalane, outre les symboles de l’identité régionale (omniprésence du drapeau sang et or), est la profusion de motifs floraux, dont la rose, qui prolifèrent notamment dans le vestibule et donnent l’impression au visiteur de pénétrer dans une serre verdoyante.

En entrant par l'ancienne porte de la rue Saint-Pierre, on aperçoit deux grands escaliers qui montent au premier étage. Le plafond du vestibule est décoré avec des moulures en céramiques émaillées qui sont disposées en fleurs. Les escaliers en marbre sont couronnés de grands lustres sur colonnes. La rampe des escaliers est en pierre finement travaillée et est supportée par des balustres en verre jaune transparent. Elle se finit par une boule de céramique décorée avec des fleurs reprenant les motifs du plafond. On arrive dans l'espace où le public, pendant l'entracte se retrouve, pour partager une coupe de cava ou de champagne et on accède à la salle de concert. Nous montons d'abord sur la scène modulable pour avoir la vision qui s'offre aux artistes.

Le modernisme ? Un courant architectural qui s’apparente à l’Art nouveau et à son vent d’audace qui souffle sur l’Europe au début du XXe siècle avec, en outre, la volonté de glorifier l’identité catalane et de mettre l’art au service du progrès. Les modernistes catalans opèrent une synthèse entre passé et modernité en reprenant, par exemple, les traditionnelles voûtes en brique et les vitraux gothiques, tout en y intégrant des innovations comme le fer forgé et les mosaïques de céramique colorée. À Barcelone, on ne retient trop souvent qu’un seul nom, Antoni Gaudí, en oubliant qu’il fut l’élève de Lluís Domènech i Montaner (1850-1923) : c’est pourtant lui qui, le premier, lance le renouveau architectural catalan avec son Castell dels Tres Dragons, construit dans le parc de la Citadelle pour l’Exposition universelle de 1888. En 1905, quand la société de chant choral Orfeó Català lui commande la construction du Palais de la musique, Montaner est déjà une personnalité influente, secondée par une sérieuse équipe d’artistes et d’artisans. En trois ans, la salle de concerts de 2 100 places est achevée.

   

 

 

 

 

 

 

 

                                                               Sa coupole inversée, époustouflante, est une icône de Barcelone. Constituée de vitraux évoquant un soleil au milieu d’un ciel azur, où flotte un chœur d’anges, elle diffuse une douce lumière naturelle. Du sol au plafond, c’est une débauche de mosaïques aux motifs de fleurs, de fruits ou de queues de paons. Des sculptures oniriques représentent des éléments de la nature ou des symboles de la musique : on y reconnaît les muses, le compositeur Beethoven, le musicien catalan Josep Anselm Clavé i Camps ou encore les figures des Walkyries mises en musique par Wagner. Pégase, le cheval ailé, prend son envol au coin du second balcon. Au-dessus de la scène trône un grand orgue de 3 700 tuyaux. cet orgue est dirigé par ordinateur et pour nous faire apprécier sa puissance et l'acoustique de la salle, notre jeune guide programme la Toccata.



Avant de monter au poulailler, nous passons par le balcon qui donne sur la rue. On y admire les colonnes , toutes différentes et couvertes de mosaïques florales en trencadis. "Pendant plusieurs siècles, la mosaïque a été oubliée dans le monde de l’art jusqu’à la fin du XIXe siècle. 

Durant le modernisme catalan cette technique fut utilisée par plusieurs architectes comme: Antonio Gaudi, Jujol, Domenech i Montaner, Puig i Cadafalch. On peut découvrir ces œuvres entre autre au Parc Güell, et au Palau de la música.  Gaudí brisait des carreaux brisés, des assiettes et même des bouteilles en verre en les utilisant comme matériau pour enrober les surfaces. Le terme « trencadís » vient du catalan et signifie « découpé » ou « cassant », se référant précisément à cette méthode inventée par l’architecte. Gaudí et Montaner choisissaient des formes irrégulières de couleurs vives, qu’ils combinaient logiquement pour créer des dessins, des cenefas et des dégradés."

Nous terminons la visite en nous asseyant sur les fauteuils du poulailler qui nous donne une autre vision de la salle.

"Les nombreux piliers sont traités comme les futaies d’une forêt merveilleuse, couverts de fleurs, de fruits et de références symboliques à la Catalogne et à la musique. Tout semble s’élever comme une action de grâces à Dame Nature qui entraîne orchestre et balcons dans une spirale ascendante. La décoration est luxuriante : outre les innombrables motifs végétaux ou géométriques et la présence, inévitable au début du XXe siècle, du motif récurrent  des effigies des Muses, on note celle de Beethoven et aussi, traitée à parité, celle d’Anselm Clavé, fondateur du mouvement choral « Cors de Clavé » qui a su fédérer toutes les chorales catalanes et leur transmettre une exigence d’excellence reconnue dans le monde entier. Malgré cette sorte d’hymne au soleil et à la nature méditerranéenne, de nuit, pendant les concerts, la salle devient un firmament mystérieux aux mille étoiles, une véritable splendeur."

 Le drapeau catalan trône fièrement au centre de la scène mais j'ai constaté , dans les rues, que les drapeaux indépendantistes sont beaucoup plus discrets au fenêtres qu'au moment où Carles Puigdemont t faisait sécession...Le quotidien « La Vanguardia » critique l'immobilisme des leaders politiques qui se regardent le nombril sans admettre que la page du rêve de république catalane est tournée.

Visite superbe dont on peut déplorer qu'elle ne soit pas plus complète avec ma description de la façade sculptée et colorée complétement délirante.

 

 

 

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