En arrivant à Danang, on traverse le pont du Dragon. C' est le plus récent des six ponts traversant la rivière Han à Da Nang
Construit entre 1915-1916 par l’École Française d’Extrême-Orient, le musée présente un ensemble important des fouilles chames entreprises en fin du XIXe siècle par les archéologues français. Par ailleurs, il doit son nom initial «Musée Henri-Parmentier» à son fondateur, un grand archéologue- architecte qui se consacrait passionnément aux travaux de recherche et de préservation des antiquités chames.
Ouvert au public en 1919 abritant, dans un premier temps, 190 pièces, l’établissement s’est vu élargir pour mettre en avant les collections enrichies durant deux décennies après. Elles se composent essentiellement des vestiges chams trouvés dans la partie littorale à l’est du Centre ainsi que dans les Hauts Plateaux du Centre.
Nous admirons un linga. "Dans l'hindouisme, le signe quasi exclusif du dieu Shiva : le membre viril symbolisé par une pierre dressée. Le linga (liṅga,
mot sanskrit qui veut dire : « signe », « symbole distinctif ») est
l'objet principal du culte dans les temples shivaïtes, dans les
sanctuaires et au foyer familial, les représentations anthropomorphes de
Shiva étant plus rares. La
yoni, qui est le symbole de
l'organe sexuel femelle (donc de la shakti, ou parèdre de Shiva), forme
souvent la base du linga en érection : l'association des deux symboles
rappelle au dévot que les principes mâle et femelle sont à jamais
inséparables et qu'ils représentent ensemble la totalité de toute
existence.'"
L'autel Tra Kieu se compose des parties suivantes : le haut est un Linga, le milieu est un piédestal Yoni avec deux planches à découper rondes habilement décorées de pétales de lotus stylisés symétriques et le bas est un piédestal carré. Les quatre côtés du bloc sont sculptés de 61 personnages aux poses, mouvements et costumes variés. Les angles des socles présentent un lion debout avec leurs pattes avant pour soutenir l'autel. L'autel de Tra Kieu est reconnu comme l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture ainsi que l'un des quatre trésors nationaux existants du musée.
Immédiatement après sa découverte, l'autel a attiré de nombreux chercheurs pour déchiffrer les histoires des personnages sur l'autel et analyser sa datation.Selon Jean Przyluski, les quatre scènes de l'autel interprétaient la légende de la formation du royaume Founan. Par la suite, George Cœdès affirma que l'autel illustrait la légende du dieu Krishna guérissant un bossu nommé Trivaka et le râle de Krishna brisa le grand arc de Kamsa.
On admire de superbes apsaras. Est ce le dieu Vichnou au dessus de cette fresque d'apsara. C'est une belle composition en gré qui provient d'un site cham du centre Vietnam. Vichnou est le Dieu conservateur de la Trinité, il incarne la préservation. Comme Brahma
il possède quatre bras. .
Dans la première main il tient une coquille de conque (sankha) l'indication de la
diffusion du son divin "Om", dans
laquelle il souffle pour vaincre les démons;
de sa seconde main un disque tournoyant (chakra) tourne autour de son index, un rappel de la roue de temps et mener
une bonne vie; c'est la "spirale de l'éveil"
(sudhdarshan chakra) avec laquelle il décapite les forces du mal.
un lotus (Padma) qui est un symbole d'une existence glorieuse est parfois tenu dans sa trosième main;
et de sa quatrième main il tient un maquis (gadha) l'indication du pouvoir
et la capacité de punition si la discipline dans la vie est ignorée.
Puis un sculpture qui représente Ganesh le dieu hindou. Facilement identifiable en raison de sa tête d'éléphanteau, il est invoqué avant toute action afin qu'il abatte les obstacles qui pourraient en entraver le bon déroulement.
Une des pièces exceptionnelle issu de My Son sanctuaire A1 montre Vishnu allongé au fond de l'océan avec une plante de lotus poussant de son nombril et Brahma naissant du lotus. Grès du 7ème siècle. Autre pièce superbe provenant de My Son, ce socle d'autel qui était un espace sacré pour le sanctuaire monumental de Shiva dans le temple My Son E1; Shiva était matérialisé sous la forme d'un linga qui n'existe plus et dont on ne sait pas quelle forme il avait.
Outre Henri Parmentier, un autre français a une une importance considérable dans la mise à jour des trésors de l'architecture et de la sculpture Cham, Charles Carpeaux, fils de J;B Carpeaux, le célèbre sculpteur. Il participe avec Henri Dufour à Angkor, au dégagement du Bayon (septembre 1901 à juin 1902). Il participe ensuite, aux côtés d'Henri Parmentier, à une mission de prospection en Annam (mars-décembre 1902), qui permet de relever une soixantaine de monuments et d'engager des campagnes de fouilles à Dong Duong et à Mi Son (mars 1903). Il est alors nommé chef des travaux pratiques de l'EFEO (avril 1903).
En mars 1904, immédiatement après le chantier de Mi Son, il part retrouver Henri Dufour à Angkor, pour prendre part à la couverture photographique complète des bas-reliefs du Bayon, mais de fréquents malaises l'obligent à demander son rapatriement en France, ce pourquoi il rejoint Saïgon. C'est là, en attendant le bateau du retour, qu'il est emporté en quelques jours par une nouvelle crise de dysenterie probablement compliquée de paludisme. Il a alors trente-quatre ans.
"La statue du bodhisattva Tara est la plus grande en bronze des arts chams découverte jusqu’à ce jour. Datant du IXe siècle et mesurant 129,3cm, elle incarne une pure élégance et séduit par un raffinement étonnant représentatif du style Dong Duong."
Dvarapala, c'est un gardien de porte ou de portail, un guerrier redoutable ou un géant avec son arme.
Bouddha du vihara (la pose des mains est un emprunt à la Chine des Tang) et assemblée bouddhique. À droite, moine porteur d'offrande. Fragments, Đồng Dương. Fin IXe - début Xe siècle.
Brahmā est le dieu créateur de l’hindouisme, le premier membre de la trinité hindoue. Les autres membres étant Vishnou et Shiva. A coté Shiva dancing.
'La déesse Uma' (Parvati), 10e siècle
Vishnu qui est le dieu qui protège dans la trinité hindouiste.
Une belle sculpture de Garuda datant du XIIe siècle. Garuda est un homme-oiseau fabuleux de la mythologie hindouiste puis bouddhiste, fils de Kashyapa et de Vinatâ et frère d'Aruna, le conducteur du char du dieu Sûrya. C'est le vâhana, ou monture, du dieu Vishnu. Il est aussi considéré comme le roi des oiseaux.
Le makara est un animal aquatique du bestiaire mythologique de l'Inde. Il s'agit d'une créature ayant à la fois une une trompe d'éléphant, les dents du crocodile et la queue du poisson.
On trouve des représentations de makara à la fois dans le contexte bouddhique et hindouiste Le makara est considéré comme une créature propice liée à la fécondité. Il est également la monture de la déesse du gange , Ganga, ainsi que celle du dieu des eaux, Varuna.Les représentations de makara se sont répandues en Asie du sud-est, parallèlement à l'expansion de la culture indienne dans cette région.Dans l'architecture khmère, ainsi qu'en Birmanie, on les trouve fréquemment représentés aux extrémités des linteaux ou des frontons, crachant parfois des perles ou de petits personnages.
Un des motifs les plus originaux de la période Tháp Mâm consiste en une ligne de « seins » (23) autour de la base du piédestal. Ce motif émergea au Xe siècle en pays cham. L'élément central du piédestal circulaire de Trà Kiệu (actuellement retiré) possède en effet une frise semblable. Ce motif est caractéristique du style de Tháp Mâm. On retrouve ailleurs ce motif dans l'art du Sud-Est Asiatique : plusieurs pièces d'orfèvrerie javanaise du IXe – Xe siècle possèdent un motif similaire Dans ces pièces d'orfèvrerie le motif en question a été interprété comme des fleurs, parfois comme des noix de coco. Ce pourrait être une version javanaise (et peut-être le prototype ) du motif transposé ici, au XIIe – XIIIe siècle, en raison des liens étroits qui ont toujours uni Java et le Champa.
Shiva de Yang Mum, art Cham datant du 15ème siècle.Dans le parc, on découvre une stèle en sanskrit qui provient de la tour sanctuaire B6 de My Son et qui est dédiée à Shiva et un superbe banian.
La visite du musée de la sculpture cham est absolument extraordinaire tant du coté artistique, mythologique et historique. C'est une des réalisations les plus éclatantes de la colonisation française et de l’école française d'Extrême-Orient .
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