En descendant du bateau, avant meme de s'installer à l'hotel, nous montons dns un autocar qui nous fait visiter Bergen avec une guide française qui vit ici depuis des années. Nous traversons le centre ville, le théatre et la statue d'Ibsen, l'Opéra et la staue de Grieg, grandeur nature, (il était très petit, 1m55). Ce fut en 1876 qu’il connut son plus grand succès grâce à la pièce Peer Gynt, écrite par le dramaturge Ibsen d’après des contes et légendes norvégienst et qu’il mit en musique. Si l’on allait oublier le nom de Grieg des années plus tard, la fameuse musique crescendo illustrant la fuite de Peer Gynt hors de l’antre du roi de la montagne allait rester dans les mémoires.Le bus nous conduit ensuite à Sandviken, à 5 min. de Bryggen. C'est là qu'est installé le musée de la peche. Aménagé, sur les quais, dans plusieurs entrepôts du XVIIIe siècle, ce musée évoque de larges pans de l’histoire de la pêche en Norvège. Très éclectique, l’exposition concerne la pêche à la morue et à la baleine ainsi que la chasse au phoque et présente d’anciens articles de pêche (tels que casques de plongée et harpons).
Nous nous dirigeons ensuite vers Bryggen. Le bus nous pose prés de l'église Sainte Marie. C'est le plus ancien édifice de Bergen. A en juger par son style architectural, il a probablement été construit entre 1130 et 1170. L'église Sainte-Marie a été ravagée par les deux grands incendies qui ont balayé Bergen en 1198 et 1248. L'église a été utilisée sans interruption depuis le début de la période médiévale. L'église a récemment été restaurée et réouverte en juin 2015.
L'église Sainte-Marie est une basilique, c'est-à-dire que le corps de
l'église est divisé en une haute nef et deux bas-côtés aux toits
séparés. C'est une
caractéristique empruntée aux cathédrales médiévales et que l'on trouve
relativement rarement dans une église paroissiale ordinaire. Les
deux tours doivent être d'origine bien qu'elles aient dû être réparées
après l'incendie de 1248. Aucune autre église norvégienne n'a une telle
façade ouest.
Le chœur de l'église a dû être allongé à une certaine époque. La
partie orientale, avec ses fenêtres en ogive et ses voûtes, porte
l'empreinte d'une période plus tardive que le reste de l'église et a
probablement été construite après l'incendie de 1248. Le chœur d'origine
se composait de l'espace carré qui constitue la partie ouest de le
chœur composé.
Les portails de St Mary's sont d'un intérêt particulier. Il y en a quatre en tout, mais le portail ouest (entre les tours) a été ajouté après l'achèvement de l'église. Cependant, ils sont toujours d'origine du Moyen Âge. Le plus ancien des portails est celui du bas-côté nord. Ce type à linteau droit couronné d'un arc de décharge remonte à l'époque romaine et fut largement utilisé au Moyen Âge. Le portail du mur nord est totalement différent et se trouve plus généralement dans les églises médianes. Le portail est en retrait sur trois marches, de sorte que la porte se trouve approximativement au milieu du mur.
Nous descendons quelques mètres pour atteindre le vieux quartier de Bryggen. "L'histoire de Bergen est fortement liée à celle de la Ligue Hanséatique . Le quartier de Bryggen (initialement appelée Tyskebryggen,
le quai allemand) témoigne de cette présence. A son apogée au XIVème
siècle, cette ligue d'origine allemande regroupait jusqu'à 70 grandes
villes et plus d'une centaine de taille plus modeste. Son organisation
était régionalisée et découpée en quatre zones dont la plus importante,
la zone Wende était placée sous l'autorité de Lübeck dont le Conseil
assurait la gestion des intérêts de la Ligue. Elle disposait de quatre
comptoirs principaux (Bergen, Bruges, Londres et Novgorod) et de
nombreux comptoirs secondaires. Ces lieux tout comme les villes
hanséatiques étaient des points de transit des marchandises.
La
création du comptoir de Bergen trouve ses prémisses au XIIème siècle
avec l'arrivée des premiers marchands en provenance de Lübeck. La Hanse
est alors encore au stade embryonnaire et ne prendra réellement son
essor qu'en 1241 après la signature d'un accord entre Lübeck et
Hambourg. L'objet de l'association est simple : il s'agit pour les
marchands de créer les conditions favorables au développement de leurs
activités commerciales. Ils cherchent pour cela à contrôler et protéger
les voies terrestres et maritimes. Ils frappent monnaie commune et
obtiennent des souverains européens monopoles et privilèges. Véritable
Etat dans l'Etat, l'organisation n'hésite pas à imposer aux villes des
blocus pour faire respecter ses droits. Ce sera le cas de Bergen entre
1282 et 1285.""Bergen était une colonie allemande; le
comptoir de la Hanse, très vaste avec ses vingt-deux cours, était
desservi par des employés astreints au célibat et à une discipline
monacale; capitaux et navires appartenaient aux Hanséates. La réunion de
la Norvège et du Danemark fit perdre à la Hanse ce débouché; elle fut
dépouillée de tous ses privilèges. Les Danois, ennemis séculaires de la
confédération, commerçaient pourtant avec elle, lui vendant du bétail,
des grains, du poisson, pour des draps et divers objets manufacturés." "Au XIVe siècle, des marchands de la
ligue hanséatique allemande s’installent à Bergen et établissent leur
siège commercial dans le vieux district portuaire de Bryggen. Bergen
devient l’un des quatre principaux ports en dehors des villes
hanséatiques et jouit du statut de « Kontor » (comptoir) avec Lübeck en
Allemagne, Londres en Grande-Bretagne et Nowogrod en Russie. Grâce à des
privilèges royaux, les marchands de la Hanse en viennent à dominer le
commerce en Norvège.En 1559, la ligue hanséatique est
officiellement abolie à Bergen et les marchands se voient dans
l’obligation de partir ou de devenir citoyens norvégiens. Un « Kontor »
allemand est créé dans le but de maintenir les activités des marchands
allemands. Il demeure en place jusqu’en 1754 avant d’être remplacé par
le « Kontor » norvégien, qui compte toujours des marchands d’origine
allemande.
Le quartier de Bryggen a été ravagé par
plusieurs incendies, ceux de 1198, 1248, 1476 et 1702 étant les pires
rapportés dans l’histoire. Toutefois, on a pris soin de le reconstruire
en respectant le même plan d’aménagement urbain et les limites des
propriétés, en se basant sur les fondations restantes et en employant
des techniques et matériaux traditionnels. Par conséquent, le quartier
actuel constitue un « livre d’histoire urbaine » où l’on trouve des
vestiges archéologiques de plus de 8 m d’épaisseur et des renseignements
sur plus de 600 ans d’activité portuaire."Les palans sont typiques des hangars portuaires. Ils sont placés au dernier
étage (ou dans le pignon) avec un système de treuils pour monter les
marchandises .
L’ancienne maison de la chambre du commerce arbore les emblèmes de Hambourg (Hamburg), de Brême (Bremen), de Lübeck (Lybeck) et de Bergen. Entre les fenêtres du haut fronton apparaissent les années 1480, 1712 et 1912.
"À ce jour, 62 édifices de ce paysage urbain ancien demeurent et ils conservent suffisamment d’éléments pour témoigner de la façon dont cette colonie de marchands allemands, tous célibataires, vivait et travaillait et de l’utilisation de l’espace dans ce district. Cet espace se caractérise par une construction de bâtiments le long de passages étroits parallèles aux docks. Les unités urbaines sont des rangées de bâtiments de deux à trois étages désignées par le nom médiéval de « gård ». Ces bâtiments ont des façades à pignon qui font face au port et ils sont répartis soit d’un seul côté soit des deux côtés de passages étroits qui font office de cour privée. Les maisons sont bâties selon diverses constructions traditionnelles en rondins de bois et les galeries sont constituées de colonnes et de poutres avec un habillage de panneaux horizontaux en bois. Les toits sont recouverts de leurs tuiles d’origine ou de tôle, suite à des réparations rapidement exécutées après une explosion au cours de la Seconde Guerre mondiale. Au fond du « gård », se trouvent de petits entrepôts ou de petites réserves (kjellere) résistant au feu, construits en pierre, afin de protéger les marchandises particulières ou de valeur contre les risques d’incendie. La structure répétitive des constructions était bien adaptée aux conditions de vie du comptoir de commerce hanséatique. Les marchands allemands prenaient leur quartier d’hiver dans les petites résidences individuelles en bois et les réserves étaient alors utilisées comme entrepôt individuel ou collectif. Bryggen était une véritable colonie, elle jouissait d’une quasi extraterritorialité qui s’est perpétuée au delà du départ des marchands hanséatiques jusqu’à la création du comptoir commercial norvégien en 1754, sous l’impulsion des pêcheurs et armateurs d’origine allemande. Aujourd’hui, Bryggen constitue une partie significative de la ville historique de Bergen, construite en bois." Les régles appliqués aux jeunes gens qui venaient d'Allemagne étaient strictes pour ne pas dire monacales mais les entorses existaient avec l'existence d'un quartier rouge juste en limite de Bryggen.
Quelques belles enseignes comme le pecheur, le cerf ou la licorne. La visite se termine et nous allons à l’hôtel prendre possession des chambres avant de ressortir. Le Marché aux Poissons, ou « Fisketorget » pour les Norvégiens, existe à
Bergen depuis 1276. Dorénavant installé dans un bâtiment tout neuf
qu’il partage avec l’Office du Tourisme, le marché est un endroit à ne
pas manquer s’il on veut goûter aux spécialités de la mer… et aussi de
la terre. Plus fréquenté par les touristes que par les locaux, il
possède également un restaurant (le « Fjellskål ») où les produits de la
pêche sont mis à l’honneur.A noter la taille des crabes royaux et de sublimes langoustines vivantes, de belle dimension, qui nagent dans de vastes aquariums.
Nous allons avec nos amis normands prendre le funiculaire qui monte au mont Floyen. En chemin, quelques exemples de Street Art.
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