dimanche 11 septembre 2022

LES CÈPES DE LA MARGERIDE

Mon été mycologique a été tristounet, un désert, pendant les presque 3 mois que j'ai passé en Ardèche, une girolle, belle , certes, mais un peu court pour accompagner un risotto pour 3.


Le jour du départ, pendant que je sue sang et eau à charger nos voitures, mes copains, JP, Octave ,Annick, Arthur, Claudette et Emmanuelle vont remplir leurs paniers dans la Vestide du Pal. Le mercredi, je file jusqu'aux Bois Noirs, voir si les Edulis montrent le bout de leur chapeau. Bredouille, donc le mercredi, je pousse jusqu'à St germain Lherm, voir si la chance daigne enfin me sourire, c'est sec comme jamais. La mousse qui s'étale comme une moquette aussi épaisse qu'au Georges V est jaunâtre et triste et j'ai beaucoup de chance de trouver 2 cèpes planqués au pied d'un jeune sapin: ils semblent superbes mais se révéleront bouffés par les vers. On arrivera à en tirer quelles lamelles qui bien grillées nous donneront du plaisir.

 


Je vais consulter le site de Tachenon pour voir si dans un rayon acceptable, il a plu d'une façon correcte et je constate que la Margeride a reçu 90 mm de pluie. La Margeride est un massif montagneux qui couvre une région frontalière des départements du Cantal, de la Lozère et de la Haute Loire. Elle est séparée de l'Aubrac et des monts du Cantal par la vallée de la Truyère à l'Ouest, par les gorges de l'Allier à l'est et par la vallée du Lot qui la sépare du mont Lozère. En partant de Clermont, je prend l'autoroute qui mène à Montpellier et j'emprunte la sortie Ruynes en Margeride. J'ai entendu dire que les alentours du mont Mouchet étaient riches en cèpes. Le Mont Mouchet est un haut lieu de la résistance française contre les nazis, les combats ont été violents avec de lourdes pertes des 2 cotés et l'action des maquis a ralenti l'avancée de 2 divisions allemandes qui étaient attendues en renfort en Normandie. De nombreux habitants de Ruynes, de Clavières, de Lorcières et de St Flour ont été pris en otages et fusillés.

A la sortie de Clavières dans une longue montée en direction de Paulhac, je prospecte un bois de hêtres. Un vieux cèpe pourri sinon rien. Deuxième arrêt sur le plateau, dans un bois de sapin, je n'ai pas plus de succés. Puis dans le bois suivant, je constate un grand nombre de voitures. Je me gare à l'écart de la foule. A peine entré dans le bois de sapins avec un beau tapis de mousse et des plans de myrtilles, je découvre mes premiers cèpes.


Ils sont superbes, pas le moindre défauts, qualité marconienne, des pieds robustes et joufflus, pas la moindre attaque de vers.

Quand la pression devient trop forte et que les bois sont parcourus comme les Champs Elyssés en plein jour, je vais plus loin. Je me dirige vers le Mont Mouchet, beaucoup de voitures et je m’arrête au bord de route , là où personne n'est encore garé. L'endroit n'est pas terrible, un cèpe écrasé par mégarde par un ramasseur trop pressé et rien de plus. Je stoppe plus loin, avant le monument du Mont Mouchet et le musée de la Résistance. Je suis seul au début mais rapidement la présence de ma voiture va attirer quelques groupes grégaires qui viennent me pister. Avant qu'ils soient vraiment trop envahissants, je fait une belle cueillette. Mon premier est superbe, il sort à peine mais un pied de 15 cm est enseveli dans le sol.



Je vais prospecter un dernier bois sur le chemin du retour. Beaucoup moins de voiture et pas la queue d'un cèpe. Au final, quelques belles découvertes, mais la pression de ramassage est très forte. La région semble parfaite pour le ramassage des champignons et certainement pour le brame du cerf, aussi.

Un petit carpaccio en arrivant avec l'huile de la Magnanerie à Orgnac l'Aven, sel et poivre. Sublime. Puis nettoyage et nouvelle technique de congélation: des couches de lamelles de cèpes séparées par du film alimentaire.

5 belles journées en montagne entre Crest Volland et Hauteluce avec, en particulier un séjours à la ferme du Chozal, une hôtellerie de rêve et une cuisine remarquable. Le dernier jour, en marchant, je trouve une poignée de girolles vers la croix de la Coste. En revenant à l’hôtel, le propriétaire me dit que c'est un peu court pour une poilée mais m'indique, un coin,vers le parking des sapins/ j'y vais en vitesse et je trouve un plat de girolles que le chef me cuisinera le soir et quelques belles pezizes dont je prend la photo.

prochain article, le menu de la Ferme à la Ferme du Chozal: très belle adresse.











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