Depuis le belvédère de Marqueyssac, nous avons pu admirer le village de La Roque-Gageac niché dans un méandre , ici on dit une cingle, de la Dordogne au pied d'une falaise calcaire verticale. Nous avons retenu 2 nuits à l'hotel Belle Étoile. C'est une bonne adresse située face à la rivière, chambre bien équipées avec une décoration désuète comme si on était reçu par la tante Jeanne du Périgord. Le parking est gratuit et l'endroit est calme et charmant. A l'angle de l’hôtel, perpendiculaire à la rive, une petite venelle monte raide vers l'église qui semble enchâssée dans la falaise. Tout au long de la grimpette, on a vu sur la rivière et sur le ballet des gabares qui remontent ou descendent le cours.Une question se pose à laquelle tout habitant du cru a la même réponse: la Dordogne est un fleuve qui rencontre un autre fleuve, la Garonne, dans un estuaire commun, la Gironde. Au fil du chemin qui monte vers la mairie et vers l'église, on est surpris par la végétation tropicale qui le borde. Le village bénéficie d'un micro-climat, la nuit, la roche orientée plein Sud emmagasine la chaleur du jour et la restitue la nuit . Le sol bien drainant évite l’excès d’humidité et la rivière en contrebas régule l’hygrométrie. Un grand amateur de voyage , Gérard Dorin a planté ici palmiers, lauriers roses, bougainvilliers, mais aussi des cactus, des cocotiers, des bananiers…pour constituer un jardin exotique et une promenade romantique.
Dans la falaise, on peut admirer le Fort Troglodytique . Perché à 120m de hauteur, il date du XIIème siècle et sa vision à 180 degrés assurait la sécurité du village, verrouillait la circulation fluviale et permettait de voir les assaillants arriver de loin.L'occupation connue du site remonte aux premiers raids des Normands en Périgord, au alentour de l'an 849.Devant le danger, le nombre croissant des expéditions de "vikings", des forts furent construits dans la falaise.Par la suite, une enceinte fut ajoutée, elle même appuyée par de redoutables maison fortifiées qui s'étageaient autours des forts. Ainsi naquit La Roque Gageac, forteresse avant d'être ville.Place forte, la Roque le demeura longtemps, la Dordogne offrant une voie Royale de pénétration au "drakkars" des "vikings". Au Xe siècle, les sentinelles des forts surveillaient encore la rivière. La rivalité entre Capétiens et Plantagenets, les batailles au cours desquelles parti anglais et parti français s'affrontèrent, n'affectèrent guère La Roque Gageac, réputée imprenable.
L'ensemble est adossé contre la falaise rocheuse, entre roc et eau. Tout y est bâti sur la roche, rendant ainsi impossible un éventuel travail de sape, la pose d'une mine. L'enceinte fortifiée va de la falaise au fleuve, longe le fleuve et revient vers la falaise. Les portes ouvrant sur les terres, a l'Est et à l'Ouest, possèdent de puissantes défenses. Par ailleurs l'étroitesse de la bande de terre qui y mène ne permet pas les attaques massives. Le long de l'eau, derrière l'enceinte, toutes les maisons possèdent des meurtrières. Et puis il ya le fort ou les forts... qui permettent au habitants des maisons nobles et celles qui le sont moins de se sentir en sécurité.
Sur le chemin, la maison avec la grande tour est le château Tarde. Ce manoir se compose d'un corps de logis en équerre, orné d'une tour ronde. Ce corps de logis comprend, au rez-de-chaussée, un passage voûté sous lequel passe le chemin. Des fenêtres à meneaux s'ouvrent dans la façade principale à pignon triangulaire. La tour ronde est couverte en lauze. C'est une maison de famille dans laquelle vécut au début du 17e siècle le chanoine Jean Tarde qui dessina les cartes de Sarlat et du diocèse de Sarlat. Y demeura aussi le philosophe Gabriel Tarde, célèbre pour ses travaux de sociologie, ami de Galilée.
Dans la paroi, on remarque une énorme cicatrice témoin d'une catastrophe. "Le 17 janvier 1957 restera pour toujours une journée catastrophique dans l’histoire du petit village de La Roque-Gageac, près de Sarlat. Ce jour-là, à 10 heures du matin, environ 2 500 m³ de calcaire se sont détachés de la falaise et écrasés sur une partie de la jolie cité des bords de la Dordogne. Après la dissipation d’un nuage dense de poussière, les villageois de l’époque n’ont pu que constater les dégâts : six maisons et une grange pulvérisées . La route principale était obstruée par d’énormes blocs de calcaire .On retira des décombres 3 morts et un blessé.
Avant d'aller dîner, nous allons à l'embarcadère pour faire une promenade en gabarre sur la Dordogne. "Les gabares, c'est un terme générique qui comprend tous les bateaux à fond plat qui naviguent sur les rivières". Au XIXe siècle, à la grande époque de la batellerie, des centaines de bateaux naviguent transportant du bois destiné aux vignobles. Le fond plat appelé « sole » qui lui permet, avec un faible tirant d’eau, de porter un maximum de charge. Assez souvent aussi, ces bateaux peuvent être grées. Deux compagnies, Norbert et Caminade se partagent le marché du tourisme fluvial à La Roque-Gageac. Nous embarquons avec un petit groupe constitués en uniforme beauf: short, tong, marcel, tatouage parfois et l'art de la lapalissade, la connerie à fleur de peau et le lieu commun toujours près à sortir!!; Le groupe désinhibe.
Depuis la rivière, on a une vision différente du village, des falaises. Le guide fait un historique de Laroque-Gageac, les invasions vikings, le fort, la préhistoire. Pas un mot, par contre, de la polémique qui agite la presse nationale: le maire de la petite commune, investit par le parti du président, a retiré sa candidature après avoir été condamné pour avoir frappé son ex qui, elle-même, a été condamnée pour l'avoir harcelé. Cet homme, pourtant doit être de bon conseil, qui a successivement conseillé Chirac, Sarko, NKM et Macron...
Le site de La Malartrie remonte au XIIème siècle. A l'époque, La
Malartrie était un hôpital pour lépreux. Il a depuis subi de nombreuses
transformations. A la fin du XIXème siècle, le Comte de Saint-Aulaire,
Ambassadeur de France en Angleterre et membre de la société
Franco-Américaine des Cincinnati, une institution dont l'objet est de
perpétuer la fraternité Franco-Américaine née à la suite de
l'indépendance des États-Unis, fait transformer le château dans le style
renaissance qu'il arbore aujourd'hui.
"Le Château de Castelnaud dresse fièrement ses vieilles pierres, du haut de son éperon rocheux. Au XIIIe siècle, il a vu passer les armées des croisés contre les albigeois, Simon de Montfort à leur tête. Il fut alors pris, puis, un peu plus tard encore, brûlé sur ordre de l’archevêque de Bordeaux. Rebâti dans le courant de ce même siècle, il deviendra bientôt, la demeure des Caumont puis des Seigneurs de Castelnaud.
Plus tard, vers le milieu du XVe siècle,
en 1442, après s’être trouvé pris entre les feux de la guerre de cent
ans, ayant changé de multiples fois de camps entre Anglais et Français,
il finira à la main de la couronne de France sans que de grandes
effusions de sang ne soient versées ; le tenant de la place a, en effet,
décidé de remettre sagement les clefs de la forteresse au Comte du
Périgord, représentant du roi, sauvant ainsi sa peau. Nous sommes alors
au crépuscule de la guerre de cent ans à laquelle la bataille de Castillon portera un coup de grâce, un peu plus d’une décennie plus tard." Le musée de la guerre au Moyen Age est le plus documenté pour la technique du siège – la « poliorcétique », terme utilisé
autant pour l’attaque de l’assiégeant que pour la défense de l’assiégé –
est aussi ancienne que l’art de la guerre, et elle n’est, dans le droit
de la guerre, pas illégale. La gabare fait demi-tour devant le pont de Castelnau. Le guide parle des poissons, le saumon, à quelques exceptions près ne remontent plus jusqu'à ses frayères, le silure s'est installé au dépens d'autres espèces endémiques et des prises de poissons-record sont régulièrement enregistrées. L’alose feinte est une ressource bien présente sur l’axe
Garonne-Dordogne qui, au-delà de son caractère hautement patrimonial, a
un intérêt halieutique fort. L'alose feinte (Alosa fallax fallax) est un poisson migrateur qui remonte les
fleuves Garonne, Dordogne et son affluent l’Isle depuis l’océan pour se
reproduire. La reproduction dure de 1 à 2 mois entre fin avril et juin
et a lieu exclusivement la nuit entre 22h et 5h. La migration de
dévalaison des juvéniles (alosons) vers l’estuaire a lieu en été. Ils
resteront dans l’estuaire jusqu’en décembre/janvier avec des
déplacements réguliers d’individus entre l’estuaire et la côte. La phase
de croissance en mer se fait en zone littorale, jusqu’à l’âge de 3 à 4
ans pour les mâles et 4 à 5 ans pour les femelles. L’alose feinte peut
même se reproduire plusieurs fois au cours de sa vie !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire