mardi 13 octobre 2020

BRETAGNE, LOCMARIAQUER, LA TRINITÈ, L'ILE DE BERDER

 Dimanche, nous commençons la journée par le marché à Carnac, un superbe marché où je trouve quelques beaux bermudas, des polos, des coques et des palourdes et ce stand superbement nommé, " L'autre Andouille"qui concurrence Stop Andouille, le maestro de l'andouille installé à Plouharnel. Nous allons ensuite boire un petit muscadet sur le port de La Trinité face aux catamarans de la course au large, en particulier celui de Francis Joyon.

Il y a là aussi, tous les voiliers qui doivent faire la solitaire du Figaro et qui s'affaire à préparer les bateaux, à répondre aux interviews et à se détendre entre 2 étapes. Un petit muscadet dans un des bars du port.
L'après midi, longue balade entre landes et bords de la rivière d'Auray .quelques belles fermes.

Nous aurions aimé visiter le site préhistorique du Cairn de Gavrinis. 
Aujourd'hui, c'est relâche et , comme, lors de notre premier voyage , la visite tombe à l'eau. Nous nous rabattons vers une promenade sur l'ile de Berder. On y accède, à marée basse par un gois sur lequel on a construit une route goudronnée.
Berder est une ile privée dont l'accès est autorisé au public qui peut en faire le tour en suivant le sentier côtier.

En 1750, l'ile appartenait à  une demoiselle Dubreuil-Jarno et à ses frères et sœurs.
"En 1879, le comte Dillon achète l'île , 21 hectares, quelques pins et six pommiers. Le site est certes magnifique, mais pas assez luxueux pour un homme de son rang. Il y ouvre une carrière à l'ouest afin d'avoir la pierre nécessaire aux travaux. La petite maison avec ses dépendances se transforme en grand manoir décoré par un peintre italien : cinq salles de bains, une salle de billard, un laboratoire photographique... Alentour, un manège à chevaux, des oliviers et des palmiers. En homme attentionné, il fait plaisir à son entourage. Son épouse aime la peinture. Soit. Elle aura la plus belle vue du golfe du haut de sa tour hexagonale de cinq étages. Son fils se marie. On érige la chapelle Sainte-Anne avec les armoiries du comte sur la façade et le tombeau familial à l'intérieur. Pour ne pas être coupé du continent, il construit une jetée au sud, une chaussée au nord, un chemin de terre accessible à marée basse et un quai. C'est à " Port-Dillon " que les invités embarquent sur le yacht à vapeur " Manuella "".
Notre tour de l'ile nous fait découvrir le port et les parcs à huitres à marée basse.

Puis un cimetière de bateaux qui doit servir de garde manger aux poissons quand la mer monte.

On découvre ensuite la chapelle Saint Anne que le conte Dillon a fait construire en style néo-gothique pour le mariage de son fils. Le conte et son épouse y sont inhumés.

Le sentier côtier fait 2.6km et permet de découvrir une végétation de type méditerranéen avec des pins et des palmiers. A travers les ouvertures entre les arbres, on découvre de petites plages de sable fin, la vue sur les iles de Gavrinis, sur l'ile au Moines.




Nous passons à proximité du Château qui a été acquis par un groupe immobilier qui projette d'y installer un hotel de luxe ce qui a déclenché une levée de boucliers par différentes associations qui s'opposent au projet.
Quatre associations de défense de l’environnement ont déposé des recours judiciaires en juillet afin de bloquer le projet immobilier. Elles craignent que ce dernier ne dénature le cadre de l’île, sa végétation, ses plages que l’on découvre le long du sentier côtier et ses bâtiments datant du XIXsiècle.

On assiste à un phénomène extraordinaire, le courant de la jument. "Le courant de la jument est un courant de marée, c’est à dire un courant qui est généré par la marée. On peut y voit des berges rocheuses et des pêcheurs ( je reviendrai plus tard sur les pêcheurs ) ,une zone calme, et tout de suite après la zone calme, on remarque facilement une zone plus tumultueuse qui ressemble a une rivière dans l’océan, c’est le courant de la jument. Ce jour là, lors de ma visite à Berder, le courant était relativement calme, mais quand il est au mieux de sa forme, le courant peut atteindre la vitesse de 9 nœuds, c’est à dire 4 m/s, ce qui est vraiment énorme.

Le courant est si violent que la traversée à la nage entre les 2 îles est impossible  et dangereuse, tout  comme à l’intérieur du bassin d’Arcachon, un autre endroit soumis à des courants de marée violents. Le courant de la Jument est un des plus puissants d’Europe, et en terme de comparaison, il se situe juste derrière ceux du raz Blanchard et du raz de Sein, qui coulent à la vitesse de 1o nœuds, soit 5 m/s !

Le courant de la jument est assez célèbre et il y a toujours des bateaux de tout le coin qui viennent s’amuser à naviguer sur le courant.

Sur les rochers, il y a un groupe de pêcheurs qui pêchent le courant et  on assiste à une belle prise après un beau combat, une dorade royale de 2.8 kilo qui rend les armes après un long combat, à coté , un pêcheur a une belle touche, il parvient à maintenir le poisson pendant 3 à 4 minutes avant que la dorade se cabre  là où le courant est le plus violent et parvienne à se libérer.
Le spot semble particulièrement bon pour le bar et la dorade royale que l'on pêche au lancer avec des crabes ou des couteaux comme appâts et un plomb très lourd. Il faut essayer de trouver les bons angles pour faire des lancers productifs.

Le nom du comte Dillon et de la duchesse d'Uzés sont liés au boulangisme et au général Boulanger.
Boulanger apparaît en politique quand éclate" le scandale des décorations, provoquant la démission du président Jules Grévy et affaiblissant considérablement le pouvoir. Plusieurs manquements de Boulanger à ses obligations militaires entraînent sa mise à la retraite. Devenu éligible, il réunit autour de sa personne une hétéroclite coalition de mécontents, allant de l'extrême-gauche à la droite monarchiste et bonapartiste. Par un double jeu périlleux et habile, le « général Revanche » parvient à concilier l'inconciliable, pour bénéficier du soutien financier des uns (la duchesse d'Uzès, notamment), de la logistique des autres (la Ligue des patriotes de Déroulède) et des voix de tous. Il vole de succès électoral en succès électoral, remportant notamment un siège parisien le 27 janvier 1889.  Au soir de cette victoire, ses partisans les plus fiévreux (Déroulède, Rochefort) le pressent de tenter un coup d'Etat. Boulanger refuse, par pusillanimité sans doute, mais surtout par légalisme républicain. Pour lui, la conquête du pouvoir passe par les urnes. La déception est grande dans les rangs boulangistes.

Rasséréné, le Gouvernement réagit en accusant Boulanger et deux de ses principaux soutiens, Rochefort et Dillon, d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Menacé d'arrestation, le général abandonne ses fidèles pour fuir avec sa maîtresse, Marguerite de  Bonnemains,la " Belle Meunière" à Bruxelles, puis à Londres. Le 12 avril 1889, le Sénat, réuni en Haute Cour, ordonne l'instruction du procès. Les audiences commencent le 8 août. Le dossier d'accusation est faible, mais l'absence des prévenus, présentée comme un aveu de culpabilité, leur nuit considérablement. Le 14, la Haute Cour les reconnaît coupables de « complot et d'attentat pour changer la forme du gouvernement » et les condamne par contumace à la déportation. Cette condamnation et la défaite électorale de septembre 1889 sonnent le glas du boulangisme. En juillet 1891, Marguerite décède à Bruxelles et Boulanger se suicide sur sa tombe deux mois plus tard."
Les amours de Boulanger et de Marguerite ont été hébergés chez Madame Quinson à Royat qui tenait l'auberge des Marronniers de venu depuis la "Belle Meunière".










Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire