Quand nous avons retenu 2 nuitées au Relais de Chambord, nous pensions que, plutôt que diner au Grand Saint Michel, le restaurant de l'hôtel , nous choisirions une table mieux jugée par le petit livre rouge. Finalement, pour notre seconde soirée, j'avais envie de rester plus longtemps à observer le sublime brame. Le temps de se pomponner, il serait difficile de trouver une table à une heure chrétienne et , après avoir lu la carte, j'ai retenu une table au restaurant gastronomique plutôt qu'au bistrot du relais.
Le cadre est idyllique, la terrasse s'ouvre sur le château à 200mètres et à 21h, après que la nuit soit tombée, il est éclairé à peine avec des lumières modulées qui varient pendant que la soirée s'avance.
Nous avions pu apprécier le talent d'Alexandre Trazeres au Rendez vous des Pêcheurs à Blois et ce soir, nous allons découvrir une de nos plus belles révélations de l'année.
Par malheur et par incompétence, j'ai envoyé les photos du repas dans une poubelle que je n'ai pas pu restaurer.
Le service est très agréable, pas guindé mais très professionnel et souriant. Nous débiterons par une coupe de Bollinger Rosé puis le les plats de poissons s'accompagnerons du Menetou Salon, Morogues du domaine Pellé. Pour accompagner, viande et fromage, je commande un verre de château Malescase, un Bordeaux Médoc, Cru Bourgeois en 2016.
L'amuse bouche est très intéressant, une burata travaillée avec des touches de mayonnaise de homard.
Puis arrive l'œuf parfait entouré d'un espuma de céleris et de truffe d'été, très discrète beaucoup moins savoureuse que nos aestivalis d'Ardèche du Sud,...chauvinisme.
Le Menetou Salon de Pellé, j'adore et la sommelière aussi qui est surprise que nous soyons clients de ce domaine. L'appellation, que j'avais découverte, justement, au Rendez vous des Pêcheurs est encore injustement moins connu que ses voisines de Sancerre et du Pouilly Fumé. "Il offre pureté et subtilité au nez, sur de délicats arômes de fleurs blanches et d'agrumes. La bouche est cristalline, racée, toute en longueur sur des nuances d’agrumes dans un premier temps, puis salines et minérales"
. Le plat suivant est un esturgeon de Sologne et son caviar, céleri branche confit et croquant avec un tartare de céleri à l'aneth et une réduction de vin rouge. Le restaurant étoilé de Montlivault et son chef Christophe Hay ont initié Alexandre Trazeres à ce caviar récolté par la famille Hennequart en Sologne qui a les mêmes qualités gustatives que le caviar iranien de la grande époque et qui trouve en Sologne, un biotope comme celui de la Sibérie. Les pisciculteurs solognots élèvent les esturgeons dans des conditions optimales avec une densité de poissons 10 fois moindre que dans la plupart des élevages qui produisent des caviars bas de gamme.
Le plat de viande est également remarquable, un filet mignon de veau avec un crémeux de petits pois, une crème montée à la coriandre et sucrine grillée. La cuisson est parfaite, le veau rosé et le château Malescase m'enchante.
Le fromage est une mousse de Saint Maure de Touraine, travaillée avec du miel et des herbe et un sorbet de fromage blanc.
Deux desserts, le premier chocolat et coco excellent et le second , j'ai perdu notes et photo. Je me souviens l'avoir beaucoup aimé mais je suis incapable de le décrire.
Cette table nous a enchanté, et si les inspecteurs du guide ont encore quelques aptitudes à dénicher les nouveaux talents, l'étoile devrait suivre. Le plaisir que nous avons pris à diner ici, est infiniment supérieur à la déception de la Gouesnière , 2 jours avant.
Quelques bonnes mignardises pour finir puis une nuit douce avec les images, du château, du cri poignant du cerf qui hurle à l'amour, la table du grand Saint Michel, le Menetou et le Bollinger. Le rêve. Demain , retour en Auvergne.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire