Le programme d'Amandine prévoyait pour ce jour la randonnée côtière au dessus de Paul do Mar qui indique un fort dénivelé, des descentes abruptes. Au petit déjeuner, ma douce est catégorique, "aujourd'hui, je ne marche pas". Donc changement de programme et je décide de visiter le littoral de la cote sud presque jusqu'à Funchal ce qui allégera la journée de demain et nous permettra de commencer à visiter Funchal. Première étage, Calheta, où nous avons dîné hier soir pour visiter l'église du 17ème siècle avec un plafond mudéjar remarquable. Quand on se gare devant, on peut accéder à la cour et au parvis mais les portes sont closes. Nous reviendrons demain pour retrouver les portes closes mais une belle rencontre avec le prêtre nous permettra de faire une visite en exclusivité car la visite n'est pas possible pendant les vacances de la dame chargée de l'ouverture des portes. Nous poussons jusqu'à Ribeira Brava où nous visitons l'église, Igreja matriz de Ribeira Brava. Fondée au XVe siècle, l'église paroissiale de Ribeira Brava, ou São Bento, a subi plusieurs interventions au fil du temps et présente ainsi des caractéristiques manuélines, maniéristes et baroques. Elle abrite une collection riche et variée de peintures, sculptures, orfèvreries et sculptures sur bois des XVIe et XVIIe siècles, ce qui en fait l'un des sites patrimoniaux les plus importants de la région.
Ribeira Brava tire son nom de la rivière qui traverse la vallée : une
rivière “brava”, c’est-à-dire fougueuse, qui descend des montagnes pour
se jeter dans l’Atlantique. L’urbanisation suit cette vallée encaissée,
offrant des vues impressionnantes sur les pentes cultivées, les maisons
accrochées aux versants et la silhouette du littoral.
Située à environ 20 minutes de route de Funchal par la voie rapide,
Ribeira Brava est à la fois facilement accessible et suffisamment
éloignée de la capitale pour offrir une atmosphère plus tranquille. La
ville s’étire entre le bord de mer aménagé, le centre historique et les
quartiers résidentiels qui grimpent dans la vallée.
L'église paroissiale de Ribeira Brava montre une façade immaculée au centre de la commune sur la place principale du village, joliment pavée. Son clocher est typique coiffé d'une pyramide en damier couvert de carreaux de faïence dans les teintes blanches et bleues et surmontée d'un globe (symbole du roi Manuel Ier). Manuel 1er a reçu de multiples surnoms, "le Grand", "le Fortuné", qui donnent la mesure de la magnificence de son règne. Contraint par son puissant voisin espagnol à se tourner vers l’Océan, le monarque se taille un empire, ouvre un siècle d’or matérialisé par l’opulence d’un art nouveau, dit "manuélin" , devenu symbole de cette prospérité. "Roi de Portugal et des Algarves, de chaque côté de la mer en Afrique, seigneur de Guinée et de la conquête, de la navigation et du commerce d’Éthiopie, d’Arabie, de Perse et d’Inde par la grâce de Dieu". Tels sont les titres de Manuel Ier (1469- 1521), monarque le plus riche d’Europe, également surnommé "le Ventureux", "le Grand" ou "le Fortuné". La richesse de Manuel tient en grande partie aux expéditions de Vasco de Gama.
En 1497, le roi Manuel Ier du Portugal choisit Vasco de Gama pour commander la première expédition maritime vers les Indes. La voie a été ouverte par Bartolomeu Dias qui a franchi le cap de Bonne-Espérance dix ans auparavant. Depuis, Pêro da Covilhã a fait parvenir à Lisbonne des informations sur les conditions de navigation dans l’océan Indien. La flotte composée de quatre navires appareille de Lisbonne le 8 juillet en direction des îles du Cap-Vert. Elle va ensuite chercher à l’ouest les vents favorables de l’Atlantique sud, avant de faire relâche sur la côte africaine, dans la baie de Sainte-Hélène. Le cap de Bonne-Espérance est doublé à la mi-novembre, après plusieurs jours de lutte contre les vents et les courants. Après un mois passé à reprendre des forces et à réparer les navires sur la côte du Natal, les marins portugais remontent le long de la côte orientale de l’Afrique. Les premiers contacts avec les sultans locaux sont difficiles du fait de la présence de marchands musulmans qui craignent de perdre leur monopole commercial. Le contact établi à Malindi est cependant plus amical et Vasco de Gama peut engager un pilote pour le conduire en Inde. Sa bonne connaissance des conditions de navigation dans l’océan Indien, permet aux Portugais d’effectuer la traversée en 23 jours. Durant les 3 mois de séjour en Inde, les rapports entre Vasco de Gama et le souverain de Calicut sont marqués d’une grande méfiance et les échanges commerciaux restent limités. Lors du retour, les Portugais passent devant Mogadiscio puis par Zanzibar. Une moitié seulement des 150 membres d’équipage présents au départ de l’expédition, rentre à Lisbonne au terme d’un périple qui, au total, a duré un peu plus de 2 ans. L’exploit de Vasco de Gama marque l’aboutissement de près d’un siècle d’efforts du Portugal pour découvrir une voie maritime entre l’Europe et les Indes. Sur le plan diplomatique, la mission de Vasco de Gama auprès des souverains orientaux est un échec et les Portugais ont constaté qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans le commerce maritime de l’océan Indien contrôlé par les marchands musulmans.


Le chœur est dominé par un retable en boiserie sculptée, dorée et polychrome. On remarque le sublime plafond en style mudéjar. Issu de la rencontre entre les cultures chrétienne, musulmane et juive, il incarne une fusion des traditions et des savoir-faire.













Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire